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PRESENTATION DE L'OUVRAGE PAR L'EDITEUR
La singularité de la démarche dont la progression sous-tend ce recueil de notes, c’est d’abord d’induire du seul approfondissement du sens du principe de contradiction –que thématise le premier livre– une clef de lecture systématique –au deuxième– de l’ensemble de l’Histoire de la Philosophie, d’où se dégage alors –au troisième– la figure de Descartes comme d’une possibilité limite, paroxystique, de la métaphysique : à vrai dire, une possibilité à ce point exorbitante que la modernité d’où elle surgit (bien plutôt qu’elle ne l’inaugure) ne cessera d’en occulter, comme inertiellement (et sous couvert même de reconnaissance), le statut d’exception.
Commence là, au centre topographique du recueil (le quatrième des sept livres qui le composent), un surprenant travail de mise à jour de la logique du processus quadriséculaire où, de la Renaissance au XXème siècle, l’auteur voit se déployer ce qu'il appelle, dans la culture française, et en particulier littéraire, les quatre temps de la modernité, en une stricte analogie aux quatre étapes, qu’il distingue, de l’allégorie platonicienne de la caverne ; mais selon un ordre inverse de celui que décrit Platon –et directement lié à la séquence moderne de la structure que le deuxième livre avait décelée sous-jacente à l’Histoire de la Philosophie.
C’est à cette lumière que l’événement de la Révolution française est réinterprété, dans l’ambivalence, à la fois, de son appartenance au processus moderne d’inversion du platonisme et parallèlement, quoique plus secrètement, de son inspiration cartésienne.
Encore cette seconde face, cachée, de la Révolution ne pourra-t-elle découvrir sa cohérence propre que sur le fond de l’analyse préalable de la part d’ombre que le vingtième siècle aura lui-même révélée inhérente à l’accomplissement de la modernité : une mythification dont l’exégèse relève, en effet, d’une étude, à la lettre, mythologique. Partant de l’Oedipe freudien, elle s’achève sur la Théséïde (où se boucle, à Colone, le cycle oedipien), retournant ainsi à l’origine mythique de l’idée, non pas tant de démocratie, que de République.
Tel est donc l’objet du cinquième livre, à partir duquel s’explicite, au sixième, la signification positive de la triade révolutionnaire –liberté, égalité, fraternité– dont le septième prétend développer l’essentiel des implications pratiques –politiques, sociales, économiques et « sociétales ».
Enfin l’ensemble du recueil se recueille en un compendium qui en condense la teneur la plus strictement spéculative.
L’ouvrage (suivi, dans le même volume, de quatre études de texte qui en sont autant de prolongements annexes) est paradoxal à plus d’un titre ; mais au-delà du contraste formel entre l’éclatement aphoristique de son écriture et l’organisation de sa matière en un véritable système discursif, c’est peut-être la seule radicalité de cette pensée qui en explique l’étrangeté.
Radicale dans son antirelativisme, elle procède à une refondation de la prétention philosophique à la recherche de la vérité comme rapport à l’absolu ; et elle reprend dans cette perspective l’entreprise cartésienne.
Or elle est aussi par là conduite à une appréhension de la liberté humaine telle qu’elle implique un impératif d’égalité, non seulement politique, mais sociale et matérielle, qui renoue, en amont de sa critique libérale et marxiste, avec la tradition utopique du communisme égalitaire, pour en proposer une possibilité d’avenir.
Inactuelle, donc, cette philosophie l’est certainement, et même au dernier degré, mais dans l’exacte mesure où la résolution de s’affranchir de l’esprit du temps peut être considérée comme la condition la plus élémentaire aussi bien de tout progrès dans l’Histoire que, d’abord, d’un exercice authentique de ce que l’on entend ici, encore ou de nouveau, par la Philosophie.
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